des renforts il lui ordonna par une manœuvre audacieuse, et à laquelle il ne dut pas se résigner sans un serrement de cœur d'évacuer le Nord de la France, de battre en retraite devant l'ennemi, sans se laisser accrocher par lui, et de se replier sur la Seine. Il forma pour la défense de Paris une armée nouvelle composée de fusilliers marins de zouaves etc…qu'il mit sous les ordres du général Maunoury. Enfin il enjoignit aux généraux chargés de garder Verdun et Nancy de conserver à tout prix leurs positions, son plan était, comme on l'a vu depuis, de disperser ses troupes sur une ligne demi-circulaire allant de Paris à Verdun, de les renforcer avec les envois des dépôts et de reprendre l'offensive au moment où les Allemands, grisées par le succès, croiraient n'avoir plus devant eux que des adversaires en déroute

Au commencement de septembre les forces françaises étaient réparties comme il suit: Maunoury était à Paris, Frénch et d'Espéret sur la ligne Maux-Montmirail, Langle de Cary à Vitry le François, avec Foch à sa droite, Sarrail à Verdun et de Castelneau à nancy. Ils avaient devant eux Von Kluck dont le quartier général était à Compiègne et qui se voyait déjà à Paris, Von Bulow, Von Haussen, le Kronpring, le prince héritier de Bavière et Von Huringen. L'ennemi essaya d'abord de tourner l'aile droite française et de prendre Nancy (29 août). On sait quelle rigoureuse résistance lui opposa sur le Grand-Couronne le général de Castelnau, et si on l'ignore, qu'on aille le demander à ceux de nos camarades, qui postées dans les tranchées du plateau d'Amans virent se briser pendant dix jours devant eux l'élan des troupes allemandes. Puis le 6 septembre la bataille s'engageait sur tout le front. Prises en flanc par Maunoury, attaquées de front par les armées françaises reconstituées, les troupes allemandes partiellement noyées dans les marais de St Gond ou rudement secouées à Revigny près de Bar-le-Duc, durent après une résistance de quatre jours battre précipitamment en retraite sur les positions qu'à tout hasard elles avaient aménagées au Nord de l'Aisne dans les forts de Reims et au Nord de l'Argonne. Paris était sauvé. Ce fut là cette fameuse bataille de la Marne dont le nom semble moins connu en Allemagne que dans les autres pays du monde.

La première offensive des Allemands en France, avait échouée, grâce à l'esprit de décision du général Joffre. Mais la force de l'ennemi n'était pas brisée et la France allait bientôt comme nous le verrons dans le prochain numéro connaître de nouveaux dangers.

(A suivre)

Sergent Calvet

 

On s'en va….

 

Dimanche soir un peu avant neuf heures nous avons vu passer le train qui emmenait nos camarades du personnel sanitaire qui retournent en France. Nous leur avons fait nos derniers gestes d'adieux.

C'est avec une grande émotion que nous avons assisté à leur départ après qu'ils ont partagé notre captivité pendant plus de neuf mois.

Au revoir et bonne chance.

 

Echos

 

Le 14 juillet à Quedlinburg

Pour des raisons administratives le 14 juillet est remis au Dimanche 18.

 

Ceux qui restent……………

Moins heureux que leurs camarades la Croix-Rouge, les musiciens brancardiers après un moment d'espoir restent avec nous. Si nous regrettons très vivement pour eux que cette grande joie ne leur ait pas été donnée nous nous félicitons aussi (mais c'est de l'égoïsme) des bons moments que leur orchestre nous fera encore passer.

 

Déplacements et Villégiatures

A Quedlinburg Mr G. Levasseur retour de Schoenebeck

Les frères Equiport sont rentrés récemment d'Atzendorf

 

On sait que notre ami Mr Maurice Nielsen souffre d'une entorse, heureusement en bonne voie de guérison. Il nous prie de faire savoir qu'il est inexact que cet accident lui soit arrivé en descendant d'un autobus en marche, c'est au cours d'une partie de pelote basque que s'est produite cette chute malencontreuse. Nos vœux de prompt rétablissement.

 

Le terme Poilu est-il académique…!

Tous les journaux chantent la gloire du "Poilou" mais nos lecteurs et surtout nos lectrices s'inquiètent de savoir si ce mot est correct et s'ils peuvent l'employer avec sûreté. Nous avons consulté une des plus hautes personnalités littéraires du camp qui nous dit: "le dictionnaire de l'Académie n'en est pas encore à la lettre P-. Littré porte seulement: Poilu adj- qui a du poil- Mais c'est dans un sens différent qu'on l'emploie actuellement. L'on entend par là un solfat courageux qui a non seulement du poil, indice de la force virile mais aussi des (censure) au (censure)"

 

Services. Services…

C'est à tort que l'on a fait courir le bruit que le gradé de service aux latrines devait être muni de papier et d'un écouvillon. Il est là seulement pour veiller à ce qu'on ne dégrade pas les lieux et à ce qu'on ne fasse tomber dans la fosse rien de dur. Attention aux constipés!

 

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