inquiète à bon droit des ambitions bulgares, et d'ailleurs reconnaissante à la France et à l'Angleterre de l'appui que ces puissances lui avaient prêté au cours de toute son histoire, collaborerait avec elles à la défense du territoire Serbe. Telle était bien semble-t-il, l'intention du gouvernement auquel présidait Mr Pirizélos, et c'est pour cela qu'il avait, à la nouvelle de le mobilisation bulgare, décidé le roi à décréter la mobilisation Hellénique.

Mais le roi Constantine, soucieux de na pas laisser son pays dans ce qu'il considérait comme une politique d'aventure, interprétant aussi assez exactement le sentiment de ses sujets, car il semble bien que les petits fils de "Léonidas", n'aient qu'une idée, mais très arrêtée, celle de ne pas se battre, le rois donc, retire sa confiance à Mr Pirizelos, appela aux affaires Mr Zaïmis et déclara officiellement que la Grèce resterait neutre dans le conflit.

Cependant les troupes franco-anglaises débarquaient à Salonique. Elles gagnaient, soit à pied, soit en chemin de fer, la Macédoine, où elles s'installaient entre le Wardar et la Cerna. Le ministre Zaïnis laissait faire, et après lui son successeur le ministre Skerludis. L'un et l'autre, à l'envie assurait l'Entente qu'ils observaient à son égard, la neutralité la plus bienveillante, et celle-ci de son côté se déclarait prête à consentir à la Grèce un emprunt de 40 millions, lorsqu'il y a quinze jours, à la suite des victoires allemandes et bulgares en  Serbie, la question s'étant posée de savoir ce qu'il adviendrait des troupes alliées, au cas où elles seraient rejetées sur le territoire grec, les diplomates de l'Entente apprirent avec stupeur que ces troupes ou tout au moins celles des serbes seraient désarmées.

Français et anglais estimaient qu'en venant défendre les serbes, ils faisaient précisément la besogne que les grecs auraient dû faire, s'ils avaient été plus fidèles à l'esprit qu'à la lettre de leur traité d'alliance.

Ils trouvèrent donc exorbitante la prétention du roi Constantine et de son gouvernement, au reste ils avaient plus d'un grief contre eux. La neutralité grecque, favorable en principe aux alliés, se montrait dans la pratique singulièrement tatillonne et taquine. Les autorités militaires locales à Salonique semblaient n'avoir d'autre plaisir et peut-être consigne, que de contrecarrer systématiquement, les actes de l'autorité militaire française on lui refusait les wagons dont elle avait besoin, les édifices qu'elle aurait voulu louer. Puis les espions pullulaient sans qu'il fut possible de les éloigner. Il ne débarquait pas un homme ni un canon à Salonique que les Bulgares n'en fussent avertis. Les mouvements du corps expéditionnaire étaient proprement le "secret de Polichinelle". La situation était donc intenable pour les Franco-anglais. Contrariés dans leurs actes par les Grecs, menacés de ne recevoir en temps opportun ni renforts ni munitions, car une soudaine fantaisie de l'administration des chemins de fer pouvait toujours interrompre le transit sur la ligne Salonique. Gervalecli qui les ravitaillait combattant contre un ennemi qui connaissait exactement l'importance de leurs effectifs, ils couraient par surcroit le risque d'être désarmé, si une offensive victorieuse des Bulgares ou des allemands les forçait à repasser la frontière. Aucun général n'aurait voulu livrer bataille dans ces conditions, et l'on s'explique, par les difficultés avec lesquelles il avait à lutter, que le chef du corps expéditionnaire français, Sarrail, eut semblé perdre dès son premier contact avec le sol grec, la belle énergie et l'esprit d'initiative qui l'avaient désigné en septbre 1914 pour le commandement de la 3ème armée.

Que faire alors? Il fallait renoncer à la lutte, livrer la Serbie à son destin, et l'on n'y songeait point, ni à Paris, ni à Londres, ou agir près du roi Constantin, pour obtenir de lui qu'il précisât son attitude et qu'il la précisât dans un sens favorable à l'Entente. C'est à ce dernier parti que l'on s'arrêta.

Et voila pourquoi

 

 

 

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